Ozanam au plus haut des cieux… mais elle est où, la moulaga ?

On nous explique que si le logement social martiniquais peine à construire, à réhabiliter ou à sécuriser son patrimoine, c’est parce qu’il manque d’argent et croule sous les contraintes administratives, en plus le foncier est cher et les entreprises du secteur vont mal… Le rapport de contrôle de l’ANCOLS consacré à Ozanam raconte pourtant une histoire bien différente. L’Agence conclut que la société dispose d’une structure financière solide, lui permettant d’investir dans le développement et l’amélioration de son parc. Autrement dit, le problème n’est pas celui d’un bailleur au bord de l’asphyxie financière. Meuhh NON

Pourtant, dans le même rapport, les constats s’accumulent.

Les résidences les plus anciennes accusent un retard de réhabilitation. La maintenance est jugée insuffisante. Plus de 3 500 logements sont identifiés comme potentiellement vulnérables en cas de séisme, pour un coût de confortement estimé à 35,8 millions d’euros. Plus inquiétant encore, une résidence classée critique dès 2011 en raison d’un risque de liquéfaction des sols n’avait toujours fait l’objet d’aucune action au moment du contrôle.

Mais ce n’est pas tout les loulous…

Le rapport décrit également une organisation interne profondément dysfonctionnelle, des services travaillant en silos, une ambiance sociale dégradée, des primes importantes accordées à certains salariés sans transparence (faut sucer qui ?), un contrôle de gestion insuffisant et une direction peinant à piloter efficacement l’organisme. 5 étoiles !

Et puis viennent les marchés publics. Les machins règlementés pour protéger de l’arbitraire…

L’ANCOLS ne parle pas d’une erreur isolée. Elle relève que, pour plusieurs marchés, Ozanam n’a pas respecté les principes fondamentaux de la commande publique ni ses propres procédures internes. Des marchés de plusieurs centaines de milliers d’euros sont attribués après de simples consultations par courriel, sans publicité, sans saisine de la commission d’appel d’offres alors que les seuils étaient dépassés. Dans certains dossiers, les contrôleurs observent même que des études ou des démarches avaient été engagées par le futur titulaire avant la notification du marché, ce qui interroge sur l’effectivité de la mise en concurrence.

RRRRRooooooo mais que fait donc la gaschette de l’ANTICOR ?

Le rapport relève également qu’un cabinet d’avocats a facturé 440 696 euros entre 2014 et 2017 sans publicité ni mise en concurrence, alors même que l’organisme aurait dû définir des modalités adaptées de concurrence.

Pris séparément, chacun de ces constats appelle des explications. Pris ensemble, ils dessinent une question beaucoup plus dérangeante. Comment un organisme financièrement solide peut-il présenter simultanément un patrimoine ancien insuffisamment entretenu, des retards majeurs de sécurisation, une organisation interne aussi critiquée et autant d’irrégularités dans la passation de marchés ?

Au fond… « Où va l’argent, et comment est-il transformé en logements entretenus, réhabilités et sécurisés pour les locataires ? » Parce qu’au bout du compte, les familles martiniquaises n’habitent ni dans des tableaux Excel, ni dans des procédures administratives.

Elles habitent dans des immeubles. Et c’est à cela que devrait d’abord servir la moulaga. Mais que fait la poooooooooliice ?

A suivre ICI : En Martinique l’insoutenable légèreté des bailleurs sociaux renchérit … la vie

Ou encore ICI : Et si, pour une fois, on arrêtait de parler des Martiniquais… pour enfin les écouter ?

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