Ouais, le logement doit être considéré comme l’un des mécanismes centraux de la vie chère en Martinique, pas seulement comme une politique sociale périphérique.
Avant tout, petite mise au point concernant l’étude INSEE 2017 concernant la dépense des ménages… il faut bien comprendre que le chiffre de 14.5 % du budget des ménages consacré au logement est évidemment trompeur… L’INSEE l’explique immédiatement…par la proportion importante de ménages propriétaires non-accédants ou logés à titre gratuit dans la population martiniquaise. Il est pour le commun des mortels de 30 à 50%.
Ensuite, on l’a tous.tes entendu, une grande majorité de ménages martiniquais est vraisemblablement éligible, au sens des plafonds de ressources, à une catégorie de logement social ; Et la pénurie est objectivement massive : l’ANCOLS relevait récemment 13 359 demandes de logement social en Martinique, en hausse de plus de 62 % en quatre ans. Dans le même temps, le parc ne compte qu’un peu plus de 35 000 logements et sa croissance récente est devenue presque marginale contrairement à la rémunération des cadres des bailleurs. (Ancols)
L’inaction des bailleurs fonctionne comme une ponction sur le pouvoir d’achat
Lorsqu’un ménage éligible n’accède pas au parc social, il ne cesse pas pour autant d’avoir besoin de se loger. Il est contraint de rester dans le parc privé, à un loyer sensiblement plus élevé ; dans un logement trop petit, dégradé ou éloigné de son lieu de travail ; chez des proches, parfois en situation de surpeuplement ; ou dans un logement énergivore exigeant davantage de dépenses d’électricité, d’entretien et de transport. En gros, à la merci d’un secteur privé spéculateur sur la détresse humaine.


L’Etat estime qu’à caractéristiques comparables, l’accès au logement social procure en moyenne un avantage de l’ordre de 225 euros par mois par rapport au secteur libre. Ce chiffre est national, pas spécifiquement martiniquais, mais il donne l’échelle du transfert de pouvoir d’achat en jeu (il serait probablement supérieur en Martinique). 225 euros par mois, ce sont 2 700 euros par an. Pour 1 000 ménages empêchés d’accéder à un logement social, cela représente potentiellement 2,7 millions d’euros par an de pouvoir d’achat absorbé par le coût du logement privé. Pour 5 000 ménages, l’ordre de grandeur atteint 13,5 millions d’euros annuels. De quoi augmenter significativement le chiffre d’affaires de GBH dans les boutiques de l’habitation ?
Le logement renchérit (chérie) aussi les autres postes
Mais l’effet boeuf ne s’arrête pas au loyer. Une production sociale insuffisante ou mal localisée, ou pire, concentrée sur les locataires les plus aisés, oblige souvent les ménages à s’éloigner des bassins d’emploi et des services. Elle accroît alors mécaniquement, les dépenses automobiles et de carburant, la dépendance à plusieurs véhicules dans une même famille, les frais de garde et les temps de déplacement, la consommation énergétique de logements anciens , les difficultés d’accès à l’emploi… Aïe bon dié !
L’inaction immobilière des bailleurs alimente donc simultanément la vie chère du logement, la vie chère des transports et la précarité énergétique.
Une politique anti-vie cheh RRR largement oubliée
Intro
Ok, j’ai demandé à Skread de faire une instru simple
Parce que j’vais dire des trucs simples
Parce que vous êtes trop cons
Okay, simple, basique
Basique, okay
Les gens les plus intelligents sont pas toujours ceux qui parlent le mieux (simple)
Les hommes politiques doivent mentir sinon tu voterais pas pour eux (basique)
Si tu dis souvent qu’t’as pas d’problème avec l’alcool, c’est qu’t’en as un (simple)
Faut pas faire un enfant avec les personnes que tu connais pas bien (basique)
Les mecs du FN ont la même tête que les méchants dans les films (simple)
Entre avoir des principes et être un sale con, la ligne est très fine (basique)
Hugo Boss habillait les nazis, le style a son importance (simple)
Les dauphins sont des violeurs, ouais, méfie-toi des apparences (basique)
Le paradoxe c’est que le débat public se concentre presque exclusivement sur le prix du panier alimentaire (bon OK, certains politiques avisés plaident aussi pour un transport public). Mais une baisse de quelques euros sur les courses reste marginale lorsqu’un ménage paie chaque mois 200, 300 ou 400 euros de plus parce qu’il n’a pas accès au logement correspondant à ses ressources.
En gros, en Martinique, la sous-production et la sous-rénovation du logement social constituent une politique implicite de vie chère. Lorsque des bailleurs bien gras disposant de capacités financières retardent leurs constructions ou leurs réhabilitations, ils ne laissent pas seulement des immeubles en attente ils maintiennent des milliers de ménages dans des loyers privés plus élevés, des logements dégradés et une dépendance accrue à la voiture et à l’énergie.
Le logement social n’est donc pas simplement un correctif à la pauvreté. C’est un instrument direct de redistribution du pouvoir d’achat. Ne pas construire alors que la demande explose et que certains organismes accumulent de la trésorerie revient, économiquement, à faire supporter aux ménages modestes le coût de cette immobilité.
Mais queue fait la pooooolissse ? Il est temps d’organiser en Martinique des grandes assises populaires du foncier du logement et de l’aménagement du territoire… façon convention citoyenne… maintenant ! ah ça tombe bien justement nous avons un projet !

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