Faut en finir avec le vieux mensonge colonial du Martiniquais oisif, assisté et vivant de revenus de transfert. Ce discours décrit une réalité fantasmée il sert à culpabiliser une population qu’on enferme dans une économie captive, avant de lui reprocher les conséquences de cette dépendance. Ca c’est pas du lourd comme disait Abd Al ! En Martinique, les habitants paient partout à la caisse des supermarchés, dans les factures d’énergie, dans les transports, dans les loyers et dans les services. Ils paient la TVA, l’octroi de mer, les coûts d’acheminement et les marges d’un système commercial hyperconcentré entre quelques mains sales. Les ménages modestes paient même proportionnellement davantage, parce qu’ils consacrent l’essentiel de leurs revenus à la consommation…
L’octroi de mer finance une part essentielle des budgets communaux. La TVA, elle, remonte principalement au budget national. Autrement dit, les Martiniquais financent leurs collectivités par une taxe qui renchérit leur vie quotidienne, puis participent encore au financement national par la TVA et les autres prélèvements. La solidarité nationale n’est pas un cadeau fait à la Martinique les Martiniquais y contribuent eux-mêmes, y compris lorsqu’ils achètent les produits les plus élémentaires. On a quoi en retour ? Des services publics insuffisants, des transports défaillants, des délais interminables, des infrastructures fragiles, un accès dégradé aux soins et une administration qui demande toujours davantage d’efforts à ceux qui disposent déjà du moins de moyens…. Woiiiiiiiiiiiiii
Le scandale est là on privatise les bénéfices d’un marché captif, on socialise les surcoûts, on fait payer les consommateurs, puis on accuse les plus pauvres d’être responsables de leur propre précarité. Les revenus de transfert deviennent le prétexte d’une stigmatisation, alors qu’ils sont aussi le résultat d’une économie incapable de produire suffisamment d’emplois, de revenus et de perspectives. STOP La Martinique n’est pas une population qui refuse de contribuer. C’est au contraire une population qui contribue sans cesse, de manière invisible, régressive et profondément inégalitaire. Elle paie à la consommation ce que d’autres paient par le patrimoine, les bénéfices ou le pouvoir de négociation.
Le problème, c’est un système qui aspire les ressources d’un territoire captif, protège les positions acquises, affaiblit les services publics et culpabilise ensuite ceux qu’il appauvrit… Ce système ne relève pas de la solidarité il relève de la prédation. Et ceux qui en bénéficient ont tout intérêt à ce que les victimes continuent de se croire coupables.

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