On a beaucoup parlé des marges commerciales de la grande distribution…pendant quelques mois… quand le sujet était… brulant.
Bon, mais ça c’était avant, quand l’”Opinion” était un peu “woke”. Mais pshiiiiiiiiiittttt le soufflé est retombé. Provisoirement. Les services experts de l’Etat dans leur rôle de police commerciale intraitable ont fait un boulot de dingue qui a conduit à assainir la situation monopolistique intenable.

Ah oui bon.. mais non en fait. RIEN. Le néant. Bon en vrai c’est pas tout à fait juste : l’Autorité de la concurrence estime que certaines marges comptables sont comparables à celles de l’Hexagone, elle reconnaît aussi que les groupes comme GBH, SAFO et CréO possèdent des grossistes-importateurs, et que les structures intermédiaires peuvent accroître les coûts de distribution en Martinique.
Il faut être indulgent, car les services de l’Etat découvrent ici une situation dont ils ignorent tout. Un peu comme Pierre Belain d’Esnambuc, à l’époque. Il faut être patient et confiant comme Raphaël. Nul doute que ces nobles agents au service du “bien commun” oups pas celui de STERIN le “fou du Puy” sauront triompher de la pwofitasyon !
Et puis d’ailleurs, les marchands du temple font beaucoup ! Ils communiquent !

Mais… et si les marges étaient aussi ailleurs ?

Non pas cette “Marge“. Celle de nos gentils commerçants médaillés du mérite animés par la seule recherche de l’utilité sociale et pas par le seul profit comme voudraient nous le faire croire ces militants gauchiasses de LFI, partisans du Hamas !
la marge arrière commerciale : financée par les fournisseurs ;
la marge arrière fiscale : financée par les exonérations de cotisations ;
la marge arrière sociale peut être celle qui fait le plus mal au cul : financée par les aides publiques qui complètent indirectement des salaires insuffisants pour faire face au coût de la vie.
Les exonérations LODEOM, conçues légitimement pour compenser les handicaps structurels des pays des océans et favoriser l’emploi, contribuent aussi, dans un marché très concentré, à soutenir indirectement un modèle économique fondé sur de bas salaires. Une partie du revenu nécessaire pour vivre décemment est alors financée par la solidarité nationale plutôt que par les entreprises elles-mêmes. Oups; (oui on sait, certaines structures de GBH ne bénéficient pas de la LODEOM, mais que dire de SAFO… dont le modèle est la … franchise…)
Si le marché martiniquais est objectivement plus contraint, plus pauvre, plus captif et plus dépendant, alors maintenir des marges comparables à celles de l’Hexagone revient à faire supporter l’intégralité du handicap structurel au consommateur final.
Mais surtout, si on résume, en Martinique, lorsque des salariés sont massivement rémunérés autour du SMIC à grand renfort d’exonérations dans un territoire où vivre coûte beaucoup plus cher qu’en métropole, jusqu’à 40%, une question simple se pose :
qui paie la différence, pour celles et ceux qui parviennent à survivre ??
La prime d’activité. Les aides au logement. Les prestations sociales.
Les exonérations fiscales (LODEOM). Les solidarités familiales. Et … la Maison du coeur à Trinité qui accueille de plus en plus de travailleurs … pauvres.
Autrement dit, une partie du coût réel du travail n’est pas assumée par l’entreprise, mais par la collectivité. Bah ouich c’est nous la collectivité ! Pendant ce temps, certains groupes économiquement obèses après avoir dominé un territoire blessé pendant des siècles peuvent cumuler comme jadis les avantages d’un modèle intégré : importation, grossiste, logistique, centrale d’achat, franchise, distribution.
Le contribuable finance.
Le consommateur paie cher.
Le salarié survit. Tout juste. Ou alors il est malin. Il sait qu’il n’y a plus rien à attendre de l’Etat. Et il devient mule pour un autre employeur, parfois plus généreux. NON la drogue c’est MAL ! C’est de la MERDE. De la merde que certains sénateurs ou directeurs de think tank en vue n’hésitent pas à utiliser pour violer courageusement des femmes.
Et la marge demeure.
Ce n’est plus seulement la question des prix.
C’est celle des marges invisibles.
Celles qui ne figurent pas dans les comptes, parce qu’elles sont logées dans les aides publiques, les bas salaires (SMIC) et les dépenses sociales. On parle souvent de « vie chère ».
Il faudrait aussi parler du coût social caché de la rentabilité. Cette arnaque subtile de ces commerçants vertueux décorés de l’ordre national du mérite. Car une entreprise ne crée pas seulement de la “valeur” par ce qu’elle vend.
Elle en crée aussi par ce qu’elle ne paie pas en privatisant les profits et socialisant les pertes. Ce qu’elle met discrètement à la charge du vivant. A un moment… les gens… faudra peut être se sortir les doigts ?
Mais ATTENTION… le vrai combat n’est pas et n’a jamais été celui des prix. Les prix bas ne sont pas altruistes, ils constituent une stratégie de DOMINATION, en abaissant les prix les grandes entités commerciales accroissent leur volume de vente, renforcent leur pouvoir économique et étendent leur influence culturelle. Les prix bas ne signifient pas JUSTICE sociale mais exploitation accrue, derrière chaque produit bon marché, se cache un humain exploité souvent dans des conditions indignes à l’autre bout du monde ou localement, mais aussi une logique mortifère d’extraction et de transport à longue distance qui nous amène droit dans le mur. La lutte contre la “vie chère” est un contresens, en cherchant uniquement à réduire les prix, on renforce les logiques mêmes qui détruisent les sociétés et les écosystèmes.
Ah oui j’oubliais que celles et ceux d’entre nous qui travaillent pour cet Etat si protecteur (une personne sur deux), bénéficient d’un train de vie suffisant pour ne pas … s’éveiller et leurs cadres hauts fonctionnaires gagnant mensuellement 10 ou 20 fois le SMIC ne mordront jamais la main bienveillante qui les nourrit. La nature est bien faite.
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