Trois ans plus tard, ils sont presque tous morts. Survivront surtout les femelles, les jeunes, et les mâles subalternes qui n’avaient pas accès à cette ressource.
Ce changement brutal bouleverse la culture du groupe. Privée de ses individus les plus violents, la troupe devient plus pacifique, les bastons diminuent, la hiérarchie se relâche, les comportements affectueux augmentent. Plus surprenant encore, cette nouvelle manière de vivre ensemble persiste pendant des années, même après l’arrivée de nouveaux mâles venus d’autres groupes.
En vrai, quand les prédateurs de la décharge disparaissent, le groupe ne s’effondre pas. Il respire. Et ça c’est une putain de bonne nouvelle !
Cette histoire n’est évidemment pas celle de la Martinique. Même si on y peut trouver des ressemblances brulantes avec le SMTVD qui devait (dans nos rêves les plus foufous) incarner la valorisation des déchets, et qui symbolise aujourd’hui l’inverse, déficits chroniques, installations en difficulté, enfouissement massif, contentieux environnementaux, incendies, mise sous surveillance budgétaire. Mais non ! fausse piste.
Difficile en revanche de ne pas penser à une économie où une poignée d’acteurs leucodermes mais également, de « peau sauvée » (Les babouins) contrôle les circuits d’importation, la grande distribution, une partie du foncier, de la logistique ou de l’assurance, pendant que le reste de la population subit une vie toujours plus chère (et c’est pas fini !).

Le problème n’est pas qu’il existe des entreprises performantes. On adore celles et ceux capables de construire une maison à mains nues, de nourrir avec bienveillance une population, de produire honnêtement ou de commercialiser des biens d’équipement durables, de qualité, de réparer avec intégrité des véhicules ou des machines conçues pour durer. Franchement, si on fait le tri, il ne reste pas grand monde. Mais cette putain d’envie de foutre le feu (ou de pendre par les couilles), à tous ces profiteurs, ignorants, individualistes, qui cherchent simplement à « faire » du profit sur le dos de leur « semblable ».
Le problème c’est lorsque la richesse provient moins de la création de valeur (terme à la con qui devrait être remplacé) que du contrôle d’une position dominante ou d’une insoutenable légèreté de l’être qui ne pense qu’à satisfaire ses pulsions. Quand quelques-uns captent la « part du lion/Babouin » tandis que les autres ramassent les miettes.
Les « singes de la décharge » sont ceux qui contrôlent l’accès à une ressource concentrée, ils ne produisent pas davantage que les autres ; ils occupent simplement la meilleure position. Cette rente leur permet de s’approprier la plus grande part des bénéfices, tandis que le reste du groupe se contente des miettes (et ça fait un peu mal au cul).
La vie chère c’est pas une catastrophe naturelle. Pas une fatalité, comme le martèlent les services de l’Etat « PELICOT »… celui qui viole Marianne depuis si longtemps par soumission médiatique.
C’est principalement le produit d’un système où la concentration économique permet de fixer les règles du jeu … de dupes. La concentration économique, c’est la force du « babouin de la décharge ». Celui qui pense au mérite, aux longues études qu’il a effectué à la sueur de son front. Le meilleur des meilleurs des meilleurs msieur !!!
L’étude sur les babouins montre pourtant une chose fascinante, lorsque les comportements prédateurs cessent d’organiser le groupe, la coopération augmente et l’ensemble de la communauté devient plus résiliente. Bon en vrai dans la métaphore ça passe par la mort des babouins de la décharge » mais c’est peut être pas une fatalité… soyons optimistes !
Et si au fond notre véritable défi c’était pas seulement de partager davantage les richesses…mais de sortir enfin d’une économie organisée autour de la prédation ?
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