On nous parle de désindustrialisation.
Mais une industrie tourne à plein régime, celle qui fabrique de la peur, de la solitude, de la rage et de la violence sociale.
Et ceux qui l’ont construite osent encore demander : “Mais pourquoi ces jeunes vont mal ?”
Trente ans plus tard, tout a empiré.
Ce texte est très fort parce qu’il décrit la rue non pas comme un décor romantique, mais comme une institution de substitution.
Là où la famille, l’école, le travail, l’État, la promesse républicaine auraient dû transmettre des repères, il reste autre chose : le terrain, l’équipe, la vigilance, la survie, le rôle social à tenir.
Le passage le plus lucide, au fond, c’est celui-ci :
Que voulais-tu que ton fils apprenne dans la rue ?
Quelles vertus croyais-tu qu’on y enseigne ?
C’est une accusation politique et parentale à la fois. Pas seulement contre les parents. Contre toute une société qui abandonne les jeunes, en particulier les “enfants de personne” les plus vulnérables d’entre nous, puis s’étonne qu’ils apprennent (ou appliquent) ailleurs d’autres lois. Les politiques publiques ont échoué à protéger cette jeunesse abandonnée. Normal. Il n’y a aucun Etat susceptible de protéger efficacement une population.
On déplore en France une désindustrialisation massive. A droite on pleurniche. Dans la course à l’échalote on est moins bon que les allemands… les français sont des feignasses qui ne bossent pas assez !!!
Mais c’est presque faux.
Une industrie florissante continue de tourner jour et nuit a donf !
l’industrie de la destruction des communs.
Elle détruit le lien social.
Elle détruit l’école (publique) et construit des ghettos idéologiques dans le privé.
Elle détruit le travail digne, les quartiers, les familles, les services publics et même jusqu’à l’idée même d’un avenir partagé.
Et quand tout est détruit, que reste-t-il ?
La guerre de tous contre tous.
Le territoire contre le territoire.
Le pauvre contre le pauvre.
Le jeune contre le vieux.
Le travailleur contre le chômeur.
Le quartier contre la République.
La République contre ses propres enfants.
Et pendant ce temps, les affreux pantins repus, gavés de pouvoir, de rente et d’argent public, se frottent la panse entre deux déjeuners d’affaires.
Ils secouent gravement la tête devant les caméras, “Mais qui aurait pu prédire cette dégradation sociale ?”
“Qui aurait pu prévoir cette explosion de violence ?”
“Qui aurait pu imaginer cette circulation des armes, des drogues, de la peur ?”
Tout le monde pouvait le prédire conard !…
Quand on abandonne une jeunesse, elle ne disparaît pas.
Elle apprend ailleurs.
Elle apprend dans la rue.
Elle apprend dans la peur.
Elle apprend dans l’humiliation.
Elle apprend dans la débrouille.
Elle apprend dans la loi du plus fort.
Et ensuite, les mêmes viennent dire “Ah, ces jeunes…”
“Ils ne veulent plus rien faire.”
“Ils n’ont aucun sens de l’effort.”
“Ils n’ont aucun sens des responsabilités.”
“Il faut remettre de l’ordre.”
Mais l’ordre de qui Bruno le fou du Puy ?
L’ordre de ceux qui ont organisé le désordre ? L’ordre de ceux qui ont fabriqué l’abandon ? L’ordre de ceux qui ont transformé la misère en marché, la peur en programme politique, la violence sociale en carrière électorale ?
Ce n’est pas une crise. C’est une chaîne, un engrenage.
Une usine à gaz.
Une industrie.
Une industrie de violence sociale.
Et comme toujours, ceux qui l’ont mise en marche accusent ceux qu’elle a broyés.
Quand la société cesse d’enseigner l’avenir, la rue enseigne la survie.
Et quand un enfant apprend trop tôt à survivre, il oublie parfois qu’il avait le droit de vivre.
Laisse pas trainer ton fils…
ViolenceSociale #JeunesseAbandonnée #DestructionDesCommuns #ServicesPublics #Inégalités #QuartiersPopulaires #République #JusticeSociale #LienSocial #PolitiquePublique

Leave a comment